Ouvrages

Le capitalisme paradoxant. Un système qui rend fou
En collaboration avec Fabienne Hanique, Seuil, Paris, 2015

« C’est paradoxal ! » : l’expression semble s’être banalisée. Elle exprime la surprise, l’étonnement, la colère parfois, devant des situations jugées incohérentes, contradictoires, incompréhensibles. Quelques formules glanées ici et là illustrent cette inflation du paradoxal : « Je suis libre de travailler 24 heures sur 24 », « Il faut faire plus avec moins », « Ici, il n’y a pas de problèmes, il n’y a
que des solutions », « Je traite de plus en plus de travail en dehors de mon travail et inversement », « Plus on gagne du temps, moins on en a »…

L’ouvrage analyse la genèse et la construction de cet « ordre paradoxal ». Il explore les liens entre la financiarisation de l’économie, l’essor des nouvelles echnologies et la domination d’une pensée positiviste et utilitariste. Il montre pourquoi les méthodes de management contemporain et les outils de gestion
associés confrontent les travailleurs à des injonctions paradoxales permanentes, jusqu’à perdre le sens de ce qu’ils font.
Enfin, cet ouvrage met au jour les diverses formes de résistance, mécanismes de dégagement ou réactions défensives mises en oeuvre par les individus.
Pour certains, le paradoxe rend fou. Pour d’autres, il est un aiguillon, une invitation au dépassement, à l’invention de réponses nouvelles, individuelles et
collectives.

Travail, les raisons de la colère (2011)
Réédition, Paris, Collection Points Économie, 2015

Travail raisons colère poche_maxSource d’estime de soi, de liens et de reconnaissance sociale, le travail expose de plus en plus l’individu à l’angoisse de n’être plus « à la hauteur », au stress de la compétition, à la souffrance psychique qui pousse certains jusqu’au suicide. L’auteur décrypte l’interaction entre les causes psychiques, sociales et économiques de cette mutation. Au total, le système managérial au service de la performance financière est la cause première du mal-être au travail et non la fragilité des individus. Le nouveau management étend au secteur public les méfaits d’une gestion inhumaine longtemps rodée dans le privé. Les « raisons » de la colère des travailleurs ont ici un double sens : explication de ses causes et validation de la résistance. Car résister, exprimer la colère plutôt que la résignation, est la plus raisonnable des réactions pour éviter que les individus retournent contre eux-mêmes une violence nourrie par ce système.

Les sources de la honte
Paris, Points, 2015

traduction espagnole, 2015, Madrid, Sapere Aude

sources honte_grandeLa honte est une souffrance d’autant plus forte que par nature on en parle peu. Il y a l’humiliation qui amène à taire les violences subies, à se replier sur soi-même. Il y a la gêne éprouvée face à la honte d’autrui, qui conduit, le plus souvent, à une mise à distance, à un refus d’entendre ce qui dérange. Ces deux attitudes se complètent et se renforcent. La gêne des uns contribue au rejet des autres et au retrait de tous. Cet ouvrage brise ce cercle du silence en favorisant une meilleure compréhension des multiples facettes de la honte. Derrière celle-ci se cachent des trésors d’amour, de sensibilité et d’humanité, qui n’arrivent pas à s’exprimer. Comprendre, écouter, dire la honte, c’est s’affranchir d’une partie de la souffrance qu’elle provoque.

La lutte des places
En collaboration avec Frédéric Blondel et Isabel Taboada-Leonetti, La lutte des places, Paris, Desclée de Brouwer, 2014

Lutte des places poche_maxOn n’existe plus ! Cette plainte est caractéristique de toutes les personnes qui ont le sentiment d’avoir perdu leur place dans la société. Ce phénomène de désinsertion sociale touche un nombre de personnes de plus en plus important. La lutte des places n’est pas principalement une lutte entre des personnes ou entre des classes sociales. C’est une lutte d’individus solitaires contre la société pour trouver ou retrouver une « place », c’est-à-dire un statut, une identité, une reconnaissance, une existence sociale. Cet ouvrage décrit, à partir de récits de vie, différents aspects de l’exclusion et diverses formes de désagrégation du lien social. Il montre comment des individus entrent dans l’engrenage de la désinsertion. Il analyse les réactions défensives et les mécanismes de dégagement mis en oeuvre pour tenter de s’en sortir. Il analyse également pourquoi les réponses politiques et institutionnelles se sont avérées, jusqu’à présent, impuissantes pour enrayer ce phénomène.

La recherche malade du management
Paris, Quae, 2013

La révolution managériale dans les institutions publiques, en lien avec la Révision générale des politiques publiques, modifie en profondeur le rapport au travail et l’activité des personnels. La culture du résultat, l’avancement au mérite, le management par projet, l’obsession évaluatrice, produisent des tensions entre la culture du service public et la culture d’entreprise. Quels sont les paradigmes qui sous-tendent cette nouvelle gestion publique ? Comment analyser les effets psychologiques, idéologiques et organisationnels de ces pratiques managériales ? Comment agir face à ce mal-être au travail ? L’auteur examine en quoi ces questions concernent aujourd’hui le monde de la recherche. Il s’interroge sur le glissement qui s’opère dans l’évaluation de la recherche quand l’excellence est définie et mesurée quantitativement. Au-delà de la communauté scientifique, directement concernée, l’auteur s’adresse aussi à un large public et l’appelle à une résistance citoyenne, raisonnée et argumentée.

Manifeste pour sortir du mal être au travail
Paris, Desclée de Brouwer, 2013 (avec Antoine Mercier)

Quelque chose de destructeur semble à l’œuvre dans le monde du travail. Le mal-être au travail est désormais une réalité qui touche tout le monde et partout, tant dans le secteur privé que dans le public. Suicides, dépression, burn out, harcèlement, pressions de tous ordres, on ne compte plus les signes d’un phénomène lourd et inquiétant. Doit-on s’y résigner comme si c’était une fatalité dans nos sociétés postindustrielles ? Non, répondent ensemble Vincent de Gaulejac et Antoine Mercier. Dans ce manifeste qui résonne comme un cri d’alarme, le sociologue clinicien et le journaliste invitent à réagir, à analyser les causes du malaise qui ne sont pas réductibles aux seules variables psychologiques. Ils proposent de mieux comprendre les sources du mal-être pour se donner les moyens d’en sortir au niveau individuel, collectif et politique. Comment changer un système chaotique et paradoxal qui engendre une crise permanente, banalise l’exigence du toujours plus et préconise la lutte des places comme moteur de la performance.

Travail, les raisons de la colère
Paris, Seuil, 2011

Les signes d’une crise profonde se multiplient dans les organisations et plus largement dans le monde du travail: stress, burn out, dépressions, suicides, perte de sens, précarité, pertes d’emplois, révoltes, manifestations, séquestrations, occupations; autant de manifestations destructives qui semblent toucher l’ensemble des entreprises et des institutions, privées et publiques… Mais peut-on encore parler de crise lorsqu’elle devient permanente? Ce livre explore les sources de cette situation inquiétante. Il décrit les liens entre la dimension psychologique du mal-être, les mutations organisationnelles et les transformations du capitalisme financier. La « révolution managériale » qui devait réconcilier l’homme et l’entreprise conduit à la lutte des places et au désenchantement. L’idéologie gestionnaire transforme l’humain en ressource au service de la rentabilité de l’entreprise. La souffrance au travail manifeste une nouvelle exploitation psychique, tout aussi réelle que l’ancienne exploitation du prolétariat dans le capitalisme industriel. La colère gronde chez les salariés confrontés à des restructurations, des réorganisations permanentes qui leur semblent aussi violentes qu’injustifiées. Dans les institutions publiques, la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) engendre désorganisation et désespérance. La frénésie modernisatrice, la culture du résultat et l’obsession évaluatrice créent un monde pathogène et paradoxal. Face aux violences innocentes de cette « nouvelle gouvernance », les salariés semblent n’avoir pas d’autre choix que de se révolter ou de se détruire. Entre la colère et la dépression, d’autres voies sont pourtant possibles. En sociologue clinicien, l’auteur propose un diagnostic approfondi à partir duquel il définit les conditions qui permettraient de « travailler mieux pour vivre mieux ».

Qui est « je » ?
Paris, Seuil, 2009

Les sociétés hypermodernes exacerbent la nécessité de s’affirmer comme individu autonome pour se conformer à l’idéologie de la réalisation de soi-même. Beau paradoxe puisque chacun doit cultiver son identité personnelle en se conformant à l’injonction d’être un sujet responsable de lui-même, de ses actes, de ses désirs, de son existence sociale. Mais que signifie vouloir être soi-même ? Cet ouvrage explore les conditions sociales et psychiques du processus de subjectivation par lequel un individu cherche à advenir comme sujet. Entre sociologie et psychanalyse, l’exploration porte sur les notions d’individu, d’identité, de sujet, adossée à des vignettes cliniques à partir de récits de vie. Il prolonge les réflexions de l’auteur sur une sociologie clinique attachée à comprendre, au plus près du vécu, comment se tissent les relations intimes entre l’être de l’homme et l’être de la société. D’autres livres ont abordé la question. Celui-ci a le mérite d’offrir, avec clarté, un parcours passionnant à travers les diverses approches du sujet (philosophiques, psychologiques et sociologiques). Il dessine les contours d’un être humain unifié, où psychique et social inter- agissent au lieu de s’opposer, où les déterminismes sociaux sont aussi les ingrédients de l’autonomie.

Historia de vida, psicoanalisis y sociologia clinica
En collaboration avec E. Taracena et S. Rodriguez, Mexico, Ed. Universidad de Queretaro, 2005

Sociologia, disciplina que està en construcciòn y que no obstante su presencia en el campo intelectual francés desde fines de los años setenta del siglo XX. La sociologìa clìnica es una propuesta que ha ganado un lugar unteresante en varios paìses, come Canada, Estados Unidos, Brasil, Uruguay, Grecia, Russia, España, Chile y Suiza. En México, desde 1992, su difusiòn ha estado presente a traves de diversos eventos.
Este libro persigue un doble propòsito : hacer, por primera ves en español, una presentaciòn sistematizada de la Sociologìa clìnica, por medio de la compilaciòn de los trabajos de Vincent de Gaulejac, quien es uno de sus autores màs repreventativos y relizar un balance del impacto que esta disciplina ha tendido en Francia, y en nuestro paìs.

La société malade de la gestion (2005)
Réédition, Paris, Seuil, Collection Points Economie, 2014.

Traduit en turc, sous l’intitulé « Işletme Hastaliğina. Tutulmuş Toplum » (Ayrinti Yayinlari, 2013).

Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique et l’obsession du rendement financier. Les  » gestionnaires  » installent en fait un nouveau pouvoir managérial. Il s’agit moins d’un pouvoir autoritaire et hiérarchique que d’une incitation à l’investissement illimité de soi dans le travail pour tenter de satisfaire ses penchants narcissiques et ses besoins de reconnaissance. Il s’agit d’instiller dans les esprits une représentation du monde et de la personne humaine, en sorte que la seule voie de réalisation de soi consiste à se jeter à corps perdu dans la  » lutte des places  » et la course à la productivité. Or, pour comme pour mieux assurer son emprise, cette logique déborde hors du champ de l’entreprise et colonise toute la société. Aujourd’hui, tout se gère, les villes, les administrations, les institutions, mais également la famille, les relations amoureuses, la sexualité… Le Moi de chaque individu est devenu un capital qu’il doit faire fructifier. Mais cette culture de la haute performance et le climat de compétition généralisée mettent le monde sous pression. Le harcèlement se banalise, entraînant l’épuisement professionnel, le stress et la souffrance au travail. La société n’est plus qu’un marché, un champ de bataille insensé où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. Face à ces transformations, la politique, à son tour contaminée par le  » réalisme gestionnaire « , semble impuissante à dessiner les contours d’une société harmonieuse, soucieuse du bien commun. Peut-on néanmoins échapper à l’épidémie ? Peut-on repenser la gestion comme l’instrument d’organisation et de construction d’un monde commun où le lien importe plus que le bien ? C’est en tout cas la piste qu’ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.

L’Histoire en héritage. Roman familial et trajectoire sociale (1999)
Réédition, Paris, Édition de Poche, Payot, 2013

L’homme est histoire. L’histoire de chaque individu est emboîtée dans une histoire familiale, elle-même insérée dans une histoire sociale. La fabrication des destinées humaines est une question centrale des sciences sociales. A partir des groupes d’implication et de recherche qu’il anime autour du thème « roman familial et trajectoire sociale », Vincent de Gaulejac explore la dynamique de construction du sujet, face à son histoire, à sa généalogie, aux processus de transmission inter-générationnels, au poids des déterminations sociales. Poursuivant les réflexions amorcées dans La Névrose de classe et dans Les Sources de la honte, il montre comment les phénomènes sociaux et psychiques s’amplifient et s’influencent réciproquement, en particulier autour des secrets de famille, de la haine de classe, de la honte sociale ou de l’envie. Réfléchissant sur les nombreuses dimensions de l’expérience humaine, l’auteur plaide ici avec vigueur pour une réhabilitation du sujet dans la sociologie contemporaine.

Les Sources de la honte
Paris, Desclée de Brouwer, 1996. Rééditions en poche, Seuil, Points Essai, 2011, 2015

La honte est une souffrance d’autant plus forte que par nature on en parle peu. Il y a l’humiliation qui amène à taire les violences subies, à se replier sur soi-même, à cultiver un sentiment d’illégitimité, à se vivre comme un  » moins que rien « . Il y a la gêne éprouvée face à la honte d’autrui, qui conduit, le plus souvent, à une mise à distance, à un refus d’entendre ce qui dérange. L’écoute de celle ou celui qui a honte est difficile. Ces deux attitudes se complètent et se renforcent. La gêne des uns contribue au rejet des autres et au silence de tous. Cet ouvrage brise ce cercle du silence en favorisant une meilleure compréhension, une meilleure écoute des multiples facettes de la honte. Derrière celle-ci se cachent des trésors d’amour, de sensibilité et d’humanité qui n’arrivent pas à s’exprimer. Comprendre, écouter, dire la honte, c’est s’affranchir d’une partie de la souffrance qu’elle provoque.

La Gourmandise du tapir
En collaboration avec A. Bron, Paris, Desclée de Brouwer, 1995

Une légende indienne dénonce le tapir qui, à cause de sa gourmandise, fut pétrifié par les dieux. Cette sanction rappelle aux hommes qu’il ne faut pas prendre à le forêt plus que ce dont ils ont besoin pour vivre. Le système « managinaire » est à l’image du tapir : il détruit en permanence ce qu’il produit par nécessité de produire autre chose. Il engage le monde dans une course folle qui est le moteur de la guerre économique. Mais l’imaginaire du management et de l’informatique se brise face ˆ un univers paradoxal, créateur de désordre, de stress, d’exclusion et de désillusion. Les utopies sont en panne. Ce livre explique les raisons de la crise dans le monde des entreprises et des technologies de l’information, et propose des orientations pour en sortir.

La Lutte des places
En collaboration avec I. Taboada Leonetti, Paris, Desclée de Brouwer, 1994

On n’existe plus ! Cette plainte est caractéristique de toutes les personnes qui ont le sentiment d’avoir perdu leur place dans la société. Ce phénomène de désinsertion sociale est nouveau et touche un nombre de personnes de plus en plus important. La lutte des places n’est pas une lutte entre des personnes ou entre des classes sociales. C’est une lutte d’individus solitaires contre la société pour trouver ou retrouver une  » place  » c’est-à-dire un statut, une identité, une reconnaissance, une existence sociale. Cet ouvrage décrit, à partir de récits de vie, différents aspects de l’exclusion et diverses formes de désagrégation du lien social. Il montre comment des individus entrent dans l’engrenage de la désinsertion et présente les stratégies pour tenter de s’en sortir. Il analyse également pourquoi les réponses politiques et institutionnnelles se sont avérées, jusqu’à présent, impuissantes pour enrayer ce phénomène.

Le Coût de l’excellence
En collaboration avec N. Aubert, Paris, Seuil, 1991

Le management est devenu un des symptômes de notre société « post-moderne » : on gère son temps, sa famille et sa vie tout comme on tente de gérer les motivations de ses collaborateurs ou la bonne marche d’un service. Bien gérer ne suffit d’ailleurs pas. La quête de qualité totale et de  » zéro défaut  » qui imprègne de plus en plus l’univers de l’entreprise s’étend désormais hors de ses frontières. Il s’agit de réussir sa vie, d’être performant en tout, bref de « gagner » dans une société qui ne veut connaître que le succès et n’a que faire des perdants. Parallèlement, un autre mouvement s’amorce qui se préoccupe de la dimension « spirituelle » de l’entreprise et cherche à lui conférer le statut d’une instance de développement personnel : on parle de l’identité, voire de l’âme de l’entreprise et c’est par elle, à travers elle, grâce à elle que l’individu est aussi censé se développer et réaliser son idéal. Or l’excellence a un coût : le stress permanent, les « décompressions » physiques et psychiques, la « brûlure interne » de ceux qui se consument dans l’obsession de la performance constituent la face cachée de cette course à la réussite… L’entreprise, en effet, n’est pas seulement pourvoyeuse de succès et de carrière, elle est aussi, parfois, pourvoyeuse de mal-être et d’angoisse. C’est toute cette face d’ombre de notre société de conquête qui cette face d’ombre de notre société de conquête qui constitue le cœur de ce livre, qui s’appuie sur une recherche approfondie dans l’univers managérial et intègre de nombreux témoignages.

Femmes au singulier ou la parentalité solitaire
En collaboration avec N. Aubert, Paris, Klincksieck 1990

Le développement de la parentalité solitaire est un symptôme de l’évolution des structures familiales d’aujourd’hui. Ces changements entrainent une recomposition des rôles de mère, d’épouse, de fille, d’amante et un éclatement des rôles masculins : les fonctions de compagnon de vie, de géniteur, d’amant, de pourvoyeur économique, d’éducateur des enfants sont assurées par des hommes différents. On se trouve alors devant des systèmes de relations complexes, différenciés, polymorphes qui caractérisent la famille « post moderne ». Au carrefour de la psychologie clinique et de la sociologie de la famille, cet ouvrage tente, à partir de l’analyse de différents destins de femmes, de comprendre la monoparentalité dans une double perspective : comme le produit de facteurs sociaux qui bouleversent la famille traditionnelle et comme une conséquence de l’action des femmes qui, confrontées à cette évolution, inventent des réponses aux contradictions qui les traversent. A travers le roman familial et la trajectoire sociale de ces « Femmes au singulier » on voit comment les facteurs psychologiques et socio-historiques se combinent pour expliquer pourquoi des femmes se retrouvent et s’installent dans la monoparentalité.

L’Ingénierie sociale
En collaboration avec M. Bonetti et J. Fraisse, Paris, Syros, 1989

Face à l’augmentation du chômage, à la paupérisation de nombreux groupes sociaux, à la dégradation de zones urbaines, de nouvelles méthodes d’intervention sont nécessaires pour lutter contre l’exclusion et favoriser le développement de la vie sociale. L’ingénierie sociale propose des méthodes visant à conduire autrement des projets de développement dans des champs aussi divers que l’habitat social, la création d’emploi, l’éducation, l’insertion des jeunes, mais aussi l’activité sociale et culturelle. – Depuis une dizaine d’année, les méthodes d’ingénierie sociale se sont généralisées. Ce livre réactualisé (première édition en 1989) est devenu un ouvrage majeur pour les étudiants, les intervenants sociaux impliqués dans leur mise en œuvre et les consultants. Trois grandes orientations caractérisent l’ingénierie sociale : – une méthodologie fondée sur l’analyse de situations complexes, l’élaboration de projets collectifs et la mise en œuvre de stratégies du développement ; – une transformation des modes d’interventions institutionnels qui favorise le développement de l’action concertée et les capacités de mobilisation des auteurs sociaux des usagers et des citoyens ; – une évaluation dynamique des programmes et des projets basée sur l’implication des acteurs concernés et l’intégration permanente de la réflexion et de l’action.

La Névrose de classe
Paris, Hommes et groupes, 1987

Dans nos sociétés modernes éclatées, où l’individu n’a plus de statut déterminé, le déplacement social à multiples visages – promotion et régression sociales, changement de métier et de lieu – influence de façon certaine la personnalité des gens, confrontés à des ruptures et à des conflits difficiles à assumer. Lorsque ces conflits font échos à des conflits plus personnels, ce  » mal de vivre  » deviendra une névrose, que l’auteur désigne comme  » névrose de classe « . Démarche qui permet de clarifier les rôles respectifs des facteurs psycho-sexuels, des facteurs sociaux et familiaux.  » Des  » histoires de vie  » explicitent le propos, ainsi que des références à des personnages littéraires :  » La place  » d’Annie Ernaux, le  » Fils de la Servante  » d’August Strindberg ou encore  » Antoine Bloyé  » de Paul Nizan. Pour la recherche en sciences humaines la  » Névrose de classe  » apporte un éclairage nouveau : une autre façon d’articuler les conflits psychologiques et sociologiques, dans une alliance ce riche en perspectives.
L’ouvrage a été traduit en espagnol en 2013, sous le titre « Neurosis de clase. Trayectoria social y conflictuos de identidad » (Del nuevo extremo).

De l’assistance publique aux assistantes maternelles
En collaboration avec M. Bonetti et J. Fraisse, Paris, Cahiers de Germinal, 1980

Le nouveau statut des assistantes maternelles est une étape significative de l’évolution de la famille, de la façon dont la société gère la garde et l’élevage des enfants, de l’intervention de l’Etat dans ce domaine. Ce livre, qui fait suite à un rapport de recherche effectué pour le ministère de la Santé et de la Famille, propose une analyse des motivations des familles d’accueil qui prennent des enfants en garde, des rapports qu’elles entretiennent avec l’Aide Sociale à l’Enfance, du rôle des travailleurs sociaux dans ce rapport et des caractéristiques du nouveau statut des Assistantes maternelles.

L’Emprise de l’organisation
En collaboration avec M. Pagès, M. Bonetti, D. Descendre, Paris, PUF, 1979. Réédition chez Desclée de Brouwer, 2009

Cet ouvrage, publié la première fois en 1979, décrit un système de pouvoir, conçu dans les entreprises multinationales, qui s’est imposé dans bien d’autres sphères de la vie économique et sociale. L’emprise des organisations « hypermodernes » ne cesse de s’accroître. Les auteurs rendent compte d’une recherche au sein de l’une des plus prestigieuses multinationale, TLTX. L’analyse vise à comprendre les rapports entre l’économique, le politique, l’idéologique et le psychologique. TLTX développe, au service de ses objectifs économiques, des méthodes politiques de gouvernement à distance, elle diffuse une idéologie, une religion d’entreprise, inscrite dans ses politiques de personnel. Plus profondément encore, elle s’assure l’adhésion de ses membres en influençant les structures inconscientes de peur personnalité. Domination et adhésion sont deux termes complémentaires. Il existe des correspondances entre l’organisation sociale et les structures inconscientes, qui forment un système socio-mental. Il n’est possible de changer l’organisation qu’en comprenant la mesure des liens inconscients par lesquels l’individu lui est attaché, en même temps que les politiques qui les renforcent.

Jeunes de la rue
En collaboration avec G Mury, Privat, Toulouse, 1977